Entretien
avec J.L. Dersoir, entraîneur de la co-favorite
du Prix du Président de la République 2010
, Surabaya Jiel
Le
4 juin dernier, Surabaya Jiel gagnait courageusement le
Prix Lavater face à Scipion du Goutier. Un adversaire
de taille qu’elle avait déjà battu
à plusieurs reprises.
Elle le retrouvera dimanche dans la plus grande course
montée, réservée aux 4 ans : Le Prix
du Président de la République.
Vendredi
18 juin, Domaine de Grosbois, à Villecresnes, en
région parisienne.
Rencontre avec Jean-Luc Dersoir, l’entraîneur
des « Jiel ».
L’homme est modeste, sa réussite est remarquable.
Il n’ose se comparer aux plus grands du métier,
et pourtant les couleurs rayées bleu et jaune des
Jiel brillent
au plus haut niveau : celui des courses « classiques
».
Ces dernières années, Ladakh
Jiel, Neoh
Jiel, Nobilis
Jiel, Quilea
Jiel, ou encore Rombaldi
ont mis en valeur l’élevage de Jean
Luck (J. L. d’où Jiel) et le
travail de précision réalisé par son homme
de confiance, entouré d’une équipe
performante.
La cour est calme, le travail organisé,
les lads s’activent.
Deux pensionnaires de l’écurie viennent
de passer avec succès les épreuves de qualification
organisées sur les pistes du plus grand
centre d’entraînement d’Europe.
Une cavalière sort un cheval monté, aux
côtés d’un autre cheval de l’écurie,
attelé.
Majestueuse,
Surabaya
rentre de promenade, avec, à son sulky, Philippe
Renouf, le Premier Garçon, et ancien lad
d’Ourasi.
Jean-Luc
Dersoir ne semble pas ressentir de stress
à 48 heures de l’épreuve phare. Il se prête
volontiers au jeu des questions – réponses.
TrotMaster
: « Surabaya Jiel est petite par la taille, mais
grande par son courage. D’où lui vient cette
qualité ? »
JLD
: « En effet, elle fait preuve d’une générosité
extraordinaire. C’est une jument qui a un cœur
énorme. Elle se met ventre à terre pour
finir ses courses. Cette qualité est très
certainement génétique, son croisement ayant
été étudié dans ce sens. Son
père n’est autre que Goetmals Wood et sa
mère est issue d’Ukir de Jemma. Il faut noter
que Surabaya a toujours été préservée,
ne subissant pas de courses dures. Après sa qualification
à 2 ans, elle a couru attelé et montré
de la qualité. Elle a réalisé de
belles performances. Nous avons fait l’impasse sur
le meeting d’hiver. Elle est revenue ensuite en
compétition dans des épreuves attelées
où elle s’est bien comportée, notamment
avec Mathieu Abrivard à son sulky. Et dans la foulée,
nous l’avons engagée dans la plus grande
course montée pour 3 ans : le Saint Léger
des trotteurs. Elle l’a gagné … montée
par Mathieu, battant déjà Scipion du Goutier
à la régulière. Depuis, c’est
une collaboration fructueuse avec ce jockey d’exception.
»
TrotMaster
: « Lors de sa récente victoire, elle semble
encore avoir franchi un palier, non ? »
JLD
: « En effet, cet hiver, elle a changé morphologiquement,
elle s’est étoffée, elle a pris de
la force. Elle est allée se reposer en Normandie
et elle est revenue de la campagne en pleine forme. Ce
qu’elle vient de faire en course est digne d’une
grande jument. Depuis sa dernière victoire, il
y a deux semaines, elle est restée en bonne forme,
je la trouve bien, voire même très bien.
»
TrotMaster
: « A part Scipion du Goutier, craignez-vous un
autre concurrent dans la course ? »
JLD
: « Scipion du Goutier est un grand cheval par la
taille et par le talent. Mais nous nous méfierons
aussi du représentant de Christian Bigeon, Saphir
Haufor, et de l'autre pensionnaire de Franck Leblanc, Sawasde de Houelle.
Après, c’est assez ouvert, je pense et pour
une petite place, la deuxième représentante
de l’écurie, Sakura Jiel, peut avoir son
mot à dire. Elle aussi est en très bonne
condition. »
TrotMaster
: « Quel sera son programme après le Prix
du Président ? »
JLD
: « Elle prendra du repos puis sera re-préparée
en vue du meeting d’hiver.
Nous l’engagerons dans des épreuves réservées
aux chevaux de sa génération. En fait, nous
observerons très attentivement comment elle «
encaisse » les courses et nous aviserons en conséquence.
Il ne faut pas fermer les yeux lorsque le cheval n’est
pas bien. Il s’agit de préserver son moral
comme son physique, les courses montées sollicitant
particulièrement l’organisme et la mécanique
du cheval. Mais avec les gains qu’elle a obtenus,
elle ne pourrait qu’affronter le tout meilleurs
à l’attelé, et il n’en n’est
pas question pour l’instant. Nous courrons donc
au monté.»
Au
quotidien, le lad de Surabaya
Jiel est Steeve
Lapotre. Nous n’avons pu le
rencontrer, car ses fonctions le retiennent
au Haras que possède Monsieur
Luck. Alors c’est à Philippe
Renouf, suppléant de luxe, que nous
avons posé la dernière question :
TrotMaster
: « Quel est la caractère de Surabaya Jiel,
comment se comporte-t-elle lorsqu’elle
n’est pas en course ? »
PR
: « Comme le font souvent les très bons
chevaux, Surabaya
Jiel montre un caractère fort. Elle
est assez nerveuse. Elle cherche à s’imposer,
et pas seulement en compétition. C’est
une jument, et on n’agit pas de la
même façon qu’avec un mâle. Il faut
davantage composer, ne pas chercher à lui
répondre de manière trop autoritaire, ni
trop frontalement. Son mental est puissant.
Elle mange toujours bien, avant et après
le travail. C’est aussi à cela qu’on
reconnaît les bons chevaux.
Ce matin, elle était gaie, bien fraîche.
»
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