Sensation
à Vincennes
Timoko met le Sud-Ouest à l'honneur dans le Classique
Prix Albert Viel
Dimanche
20 juin 2010, Hippodrome de Vincennes. La plus belle réunion
de courses de trot de l’année ne compte pas
moins de 9 courses, dont quatre Groupe 1 et un Groupe
2.
Le
Prix Albert Viel, doté de 200 000 euros se
court sur 2700 mètres. A son départ, 15 participants,
parmi lesquels Torino d’Auvillier
et Tucson, les deux chevaux
les plus en vue de la course.
A l’arrivée, une énorme surprise : Timoko,
le représentant du sud-ouest entraîné et drivé
par Richard Westerink pour
l’écurie Stall Very Important s’impose,
à la cote de 73/1.
Son
mentor, d’origine hollandaise, est installé
à Gabarret, dans les Landes, depuis 2005. A 31
ans, après 90 courses gagnées dont 50 comme
entraîneur, il remporte aujourd’hui sa première
victoire Classique.
Il dit, dans un français impeccable, avoir été
atteint « par la maladie des chevaux » dès
l’âge de 14 ans. A l’époque,
il passait déjà ses vacances et ses week-ends
autour des trotteurs. Une passion qui l’a logiquement
amené à se former à l’entraînement
et à la drive dans une école spécialisée
en Hollande.
A l’issue de sa formation, il entre chez son premier
employeur, H. Crebas. Il fera ensuite d’autres stages
en Hollande, avant de décider de rejoindre la France,
un pays où les dotations en courses permettent
d’envisager l’avenir de façon plus
optimiste. « Il m’aurait fallu gagner 10 courses
par mois pour espérer vivre décemment …
» nous explique-t-il.
C’est l’écurie Smeding qui le
recrute d’abord sur notre sol, et ensuite
MX Charlot, dans le Lot-et-Garonne.
Il ne travaillera que 10 mois pour ce dernier,
et le quittera pour des raisons d’éloignement
géographique, habitant à 60 km de chez son
patron. Il restera de cette collaboration
d’étroites relations amicales. C’est
notamment Michel Charlot
qui confiera son bon cheval Paolo
Coulonces lorsque Richard
Westerink s’installera à son
propre compte.
Paolo Coulonces est issu
de la jument bien née Kiss Me Coulonces.
Cette dernière, achetée par PM Van
Claveren, est saillie par l’étalon
maison, Imoko. Ce croisement
fait naître Timoko, que l’éleveur
propose à Richard Westerink. Timoko se qualifie au mois
de juin de ses 2 ans à Agen, en une réduction
kilométrique de 1’19 et montre très
tôt de la qualité. Il court et remporte sa
première course à Enghien. Suivent ensuite
une série de disqualifications malheureuses.
Mais
son mentor sait qu’il sera un jour parmi les
meilleurs de la génération. Il entraîne son champion
dans la forêt des Landes pour préserver son moral.
En fin metteur au point, il travaille par intervalles
de 500 ou 1000 mètres, bénéficie d’une excellente
piste d’entraînement et d’une ligne
droite en montée. Au fil des mois, Richard
Westerink peaufine les réglages, modifie
la ferrure.
Il y a une semaine, il a emmené son cheval travailler
sur la piste d’Agen, déferré des quatre pieds.
Un test avant la grande course, en quelque sorte,
où il courra pieds nus pour la première fois. Timoko
est sorti à quatre reprises, trottant les deux premiers
lots en 1’20 et le dernier sur un pied de
1’12. De quoi rassurer son entourage avant
de réaliser le déplacement dans le temple du trot.
Gabarret-Vincennes.
6h30 de trajet. Timoko voyage bien.
Il court dans la 7ème course de l’après-midi.
Loin d’être favori, sa cote est élevée.
Les trois faux-départs de la course le tendent,
mais son driver gère adroitement la situation. Jamais
loin des chevaux de tête, il bénéficie d’un
parcours en or, dans le sillage de Torino
d’Auvillier et de Tucson,
laissant les favoris s’entrebattre.
Dans la ligne droite, Tucson, qui
semblait aller très bien jusque là, baisse de pied
et Timoko déboîte, venant ajuster
Torino d’Auvillier aux abords
du poteau.
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